L’étoile montante du solaire


DualSun, la start-up à succès dispose d’un projet à Lausanne et de plusieurs projets en cours en Suisse occidentale.

agefide Marjorie Théry : Plus de 500 installations en France et en Suisse, des projets dans les cantons du Valais, Vaud et Genève. DualSun accélère son développement à l’international. La start-up française conçoit, fabrique et commercialise depuis deux ans des panneaux solaires hybrides innovants. A la fois photovoltaïques (pour l’électricité) et thermiques (pour l’eau chaude). Plusieurs brevets ont été déposés et l’entreprise est la première au monde à avoir décroché la certification en solaire hybride en 2014.

Dualsun fait figure d’étoile montante en France. « Adoubé » par le célèbre designer Philippe Starck ou encore par Martin Bouygues, à la tête du groupe de construction éponyme. Ces derniers ont installés des panneaux de l’entreprise sur leurs projets. La start-up a reçu de multiples récompenses et valorise son « made in France », la fabrication se partageant entre la Bourgogne et la Normandie. Fierté régionale aussi, avec la mise en avant du « designed en Provence », le siège étant localisé à Marseille. Des bureaux à Paris et Lausanne ont aussi été ouverts.

Succès également en termes de croissance des ventes. Fin 2015, l’entreprise été classée à la 14e place du Deloitte Technology Fast 50, le classement des 50 entreprises technologiques françaises ayant la croissance du chiffre d’affaires la plus forte, en l’occurrence de 840% entre 2011 et 2014. En 2014, plus de 1000 panneaux hybrides ont été vendus. L’an dernier ce sont 3000 panneaux qui ont été vendus et Dualsun veut doubler ce chiffre pour 2016.

L’entreprise emploie aujourd’hui une dizaine de collaborateurs. En Suisse, un partenariat a été conclu avec Solexis, un acteur majeur du conseil et de la distribution. Dualsun a déjà réalisé des installations en Suisse depuis l’an dernier, et plusieurs projets sont en cours, à la fois pour des logements individuels et collectifs, tout comme des installations communales par exemple. Au-delà de la technologie, le cadre législatif suisse est aussi un soutien à leur développement, et devrait encore le devenir davantage (voir encadré).

Le projet Dualsun a été lancé en 2010 par deux anciens de l’Ecole Centrale Paris, Jérôme Mouterde et Laetitia Brottier, avec le constat que les panneaux photovoltaïques traditionnels ne produisent en moyenne que 15% d’électricité et 85% de l’énergie est perdue sous forme de chaleur. Ils imaginent donc récupérer cette chaleur pour les logements. Second constat : le rendement diminue lorsque leur température augmente, et un refroidissement adapté permettrait des gain potentiel de 5% à 10% de productivité. Après une phase de R&D et de différents tests en France, la commercialisation des premiers panneaux débute en 2013. Deux brevets internationaux sont déposés et l’entreprise obtient les certifications européennes testées par un laboratoire allemand (certifications IEC et Solar Keymark).

Gabriel Blaise, en charge du développement pour la Suisse, rappelle que le concept de panneaux solaires hybrides n’est pas nouveau en soi. Et n’a pas connu un franc succès. Pour des raisons tarifaires et techniques: ce type d’installation est plus coûteuse qu’une installation photovoltaïque classique, et les panneaux hybrides ont souvent eu une mauvaise image de produits « bricolés ». Certains constructeurs (y compris en Suisse) en proposent toujours, avec plus ou moins de réussite. DualSun a fait du solaire hybride son cœur de métier pour ne pas en rester à un marché de niche.

Là où se démarque aussi Dualsun, c’est au lieu d’un système classique de tuyaux d’eau qui passent « en serpent » sous le panneau photovoltaïque et permet de réchauffer l’eau et de refroidir les cellules, l’entreprise a breveté un système ou l’eau s’écoule en « nappe », à travers deux plaques en inox, qui sont elles-mêmes parsemées de sortes de poinçons en relief, afin que l’eau s’écoule de manière uniforme sous le panneau photovoltaïque. Ce qui permet à la fois un meilleur refroidissement et un meilleur chauffage de l’eau.

L’environnement de marché est aujourd’hui plus propice et la technologie de DualSun pourrait bien s’imposer plus largement. Une des tendances aujourd’hui est à des installations mixtes, de panneaux solaires et de panneaux thermiques. Dans cette configuration il devient alors moins coûteux d’utiliser une technologie hybride. Autre avantage que relève Gabriel Blaise : l’esthétisme, car en général la juxtaposition des deux types de panneaux n’est pas très convaincante visuellement car ce ne sont pas les même formats et les architectes sont assez refroidis lorsqu’il s’agit de les combiner. « Nous l’avons constaté avec plusieurs architectes et designer sur des projets importants. Le fait que nos panneaux soient aussi très fins, mais aussi de couleur noire et non bleue, est un atout ». Autre avantage également : l’effort mis sur l’adaptation au marché. « Nous avons vite compris que nous devions entrer dans les standards des installations classiques. Ainsi les installateurs de panneaux photovoltaïques classiques peuvent également poser les nôtres en toiture, sans formation spécifique sur l’hybride”.

Concrètement, 3h en été sont nécessaires pour chauffer un ballon de 300 litres d’eau sur une installation en villa individuelle. Avec son système, Dualsun est aussi particulièrement adapté à de plus grandes surfaces, comme des piscines privées et publiques. Un projet est d’ailleurs en cours pour un centre sportif en Suisse Romande. Plus globalement, le système permet d’être en quasi-autonomie pour l’eau chaude sanitaire pendant l’été et les intersaisons. Entre mars à octobre, l’installation fournit de 60% à plus de 90% des besoins, d’après un test d’une année réalisé à Lyon par un bureau d’ingénieur.

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